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L'accident d'Henri Guillaumet à la Laguna del Diamante le 12 Juin 1930 en terre des Andes

1930
L 'accident le plus mémorable de l'histoire de l'aéronautique ...
Déjà le 12 juin 1930, Henri Guillaumet, au départ de Santiago, avait été contraint de revenir se poser parce que le vent contraire était tel qu'il n'aurait pas permis le vol Santiago-Mendoza.
Le lendemain, le vendredi 13 juin, il repart pour sa 92ème traversée.
En plein milieu de la Cordillère, à prés de 7000 métres, il est pris dans des remous violents et son appareil perd, sans qu'il puisse réagir, prés de 3000 métres. Il se retrouve alors survolant la Laguna Diamante à prés de 3500 métres.
Pris dans des rabattants, il n'arrive pas à prendre suffisamment d'altitude pour passer le col qui lui aurait permis de poursuivre sa route.
Il tourne alors autour de la Laguna Diamante pendant une heure et demie, sans parvenir à monter à une altitude suffisante et sans aucune amélioration du temps.
Au bout d'une heure et demie, arrivant à court d'essence, bloqué dans cette cuvette, il se décide alors de se poser sur la Laguna et en fin d'atterrissage, capote.

Il est resté deux jours et deux nuits blotti dans un abri qu'il s'était ménagé dans la neige et, le dimanche 15, il se mettait en marche non sans avoir indiqué sur la carlingue de son appareil, à tribord : " mon dernier souvenir à ma femme avec un bon baiser. J'ai été obligé d'atterrir ici à cause de la tempête de neige après avoir été descendu ". A babord : " je suis parti vers l'est direction Argentine, adieu à tous Henri Guillaumet ". Il marche alors nuit et jour sans discontinuer.
Le mercredi 18 au matin, il entend le chant du coq et le jeudi, il s'effondre, mort de fatigue, à quelques dizaine de métres de la cabane d'une bergère, Madame Garcia, dont le mari est chasseur de pumas.
Il avait été survolé plusieurs fois par des appareils qui ne l'avaient pas repéré et il avait ainsi marché sans dormir (car dormir c'était se condamner) depuis le dimanche 15.
A la vue de cet homme hirsute et inconnu, le premier reflexe de la bergère est de se sauver en emportant son fils Juan Garcia, puis elle comprendra vite qu'il s'agit d'un homme en détresse et, l'aidant à traverser le petit torrent qui le sépare de la cabane, elle le restaure comme elle peut et donne l'alerte.
Le vendredi, Saint-Exupéry apprend que Guillaumet est vivant et, avec un Potez 25 (Numéro 229 immatriculé F-AIVX), il part le chercher et le retrouve dans la petite ville de San Carlos.

Guillaumet tombe alors dans les bras de Saint-Exupéry et lui dit cette phrase restée célèbre :
"Ce que j'ai fait, jamais aucune bête ne l'aurait fait "

Cet événement eut une portée considérable dans toute l'Amérique du Sud et bien sûr dans tout le monde de l'aéronautique.

Jacques Chirac a profité de son passage au salon aéronotique du Bourget le 19 Juillet 2001 pour remettre la Légion d'Honneur à Juan Garcia, le berger argentin qui a récupéré et sauvé Henri Guillaumet lorsque son Potez 25 s'est écrasé dans les Andes en juin 1930.
''Nous avons beaucoup d'estime et de reconnaissance pour vous'',
a déclaré le chef de l'Etat en remettant la plus haute récompense française au vieil homme, aujourd'hui âgé de 86 ans.
En remerciement, Juan Garcia a offert à Jacques Chirac un couteau de berger.